Les services de référence en bibliothèque, Véronique Mesguich (2/6)

Attention, cet article, publié en 2010, peut en certains points être obsolète.

Le concept de Web 2.0

Photo : sources

Le web est souvent vu comme une plateforme de service créé par les utilisateurs pour les utilisateurs. Une vision restreinte du Web 2.0 le réduirait à une liste d’activités comme le blog, le wiki, le microblogging, le mashup… Plus largement, le Web 2.0 est une plateforme de services, et un web tel qu’il aurait toujours dû être.

En effet, le Web a été inventé en 1989 au CERN par Tim Berners-Lee. Il avait pensé le projet d’un réseau hypertexte généralisé. Cette idée du Web conçu non comme un outil documentaire mais comme un outil de diffusion (partage, échange, mutualisation ) était déjà là dès sa naissance. . D’où le Web 2.0 n’est pas si révolutionnaire que cela.

Il n’y eut pas non plus de révolution technique. Les aspects techniques ne sont pas nouveaux (les fils RSS datent de 1999 avec Netscape par exemple), malgré les campagnes marketing qui insistent sur le côté innovant pour relancer Internet après la bulle (fin des années 90). C’est plutôt une évolution des usages basés sur

  • la simplicité,
  • la mutualisation de l’information (avec la génération Y fonctionnant avec la tribu),
  • la personnalisation (individualisme),
  • l’interactivité (la génération Y en demande),
  • la réutilisabilité (comme dans le mashup qui crée une nouvelle application en en fusionnant deux).

Le paradoxe apparent du Web 2.0, c’est qu’il allie individualisme et altruisme (dans le partage des wikis par exemple). En fait, il les rend complémentaires.

Historique du web et son évolution :

Au milieu des années 90, le web touche le grand public. Ce web des premières années est un web documentaire. On a mis en ligne l’équivalent de documents qui existaient sous forme papier (comme des plaquettes d’entreprises…).

Véronique Mesguich fait un parallèle avec les débuts du cinéma, où ce n’était que du théâtre filmé et figé. Puis le montage et le travelling ont été découverts. Le cinéma s’est construit par étapes. Le web en fait de même.

Dès le début du web, il y avait des espaces personnels, mais ils se sont surtout développés au début des années 2000.

A partir de 1994, on est dans le web documentaire. Le web 2.0 est une extension, ce qu’il faudrait plus précisément appeler le « web de conversation » ( expression d’Hervé Le Crosnier), qui s’est développé surtout à partir de 2004.

L’expression « web 2.0 » est le titre d’une conférence. Trois journalistes ont réfléchi à un titre pour une conférence rendant compte du frémissement du web qui repartait avec une plus grande implication des internautes et une mise en ligne de contenus. L’expression « web 2.0 » fait comme si c’était la nouvelle version d’un logiciel, pour signifier l’évolution du web.

Le terme le plus approprié pour décrire ce qu’est le « web 2.0 » serait le web social.

Le Web 3.0 est la prochaine frontière du web. C’est le web de données, qui n’est plus une simple collection de sites connectés les uns aux autres, de façon linéaire, ni un espace de conversation simple. C’est un web avec des données dotées d’une meilleure interopérabilité entre tous ces réservoirs de savoirs de toute nature. On parle aussi de web sémantique, car il s’appuie sur la description sémantique des données. C’est un web multimédia, de plus en plus accessible sur les mobiles, donc un web de plus en plus entemps réel. On comprend alors les partenariats avec Facebook pour indexer en temps réel le contenu de ces réseaux. Ce web 3 a émergé en 2008.

Qu’est-ce qu’un site 2.0 ?

C’est un espace ouvert avec un accès aisé aux informations, permettant :

  • les modifications (ce qui pose certes des questions sur la traçabilité et la fiabilité des informations),
  • une totale maîtrise de l’internaute sur ces/ses données (Yahoo Answers : site de réponse qui a beaucoup marché, où l’internaute répond à l’internaute ; la question de la qualité n’est par contre pas réglée),
  • et qui doit favoriser les échanges direct entre utilisateurs.

C’est le web de la génération Y, les digital natives, qui ont pour caractéristiques les quatre i :

  • individualisme
  • interconnexion (Réseaux sociaux)
  • impatience (volonté d’immédiateté)
  • inventivité (créativité dans les blogs, les réseaux sociaux…)

Les services du web 2.0

(Schéma inclus dans le Powerpoint de Véronique Mesguich et reproduit par mes soins)

Dans le web 2.0, il est difficile de différencier le professionnel du grand public. Les blogs d’expert deviennent de vrais médias.

Google Custom Search : sert à créer son propre moteur, c’est un outil de recherche personnalisé à partir d’une sélection de sites.

Yahoo Pipes : très performant et gratuit, il permet de créer des flux personnalisés, de filtrer sur des mots clés précis, de faire un flux personnalisé sur une thématique (c’est une forme de diffusion de l’information à la carte).

Propos sur l’intelligence collective et wikipedia : les opinions s’affrontent. Par exemple, Michel Serres voit en Wikipedia un outil de démocratisation de la culture. Norbert Bolt y voit le nouveau royaume des idiots, Jeanneney un manque de mise en perspective, un empilement sans recul.

Rappel de quelques ouvrages célèbres sur le sujet et qui ont fait couler beaucoup d’encre :

Andrew Keen, l’antéchrist de la Silicon Valley : Le Culte de l’amateur. Polémique.

Comment le web change le monde, de Pisani et Piolet. Vision plus positive du web.

La Sagesse des foules, de James Sorowiecki, qui diffuse l’idée commune comme quoi quand on est à plusieurs on est plus intelligent.

Strip de BD sur Wikipédia vu comme un nouveau maoïsme, mais en fait rien ne nous oblige à y croire (au contraire d’une régime totalitaire ; on est libre).

Le rôle des bibliothécaires est d’apprendre à prendre du recul, à savoir utiliser les moteurs de recherches.

Les règles et les commandemants du bibliothécaire 2.0 (issu de A librarian’s 2.0 manifesto, de Laura Cohen, University Albany) :

  • ne pas être sur la défensive (il ne faut pas avoir peur de Google, Facebook ou autres mais savoir les utiliser)
  • être en veille par rapport à l’innovation
  • encourager ses collègues au changement
  • savoir expérimenter au risque de se tromper ( et ne pas avoir peur de se lancer)
  • ne pas rechercher systématiquement la perfection
  • promouvoir les catalogues ouverts.

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Analyse, partage, création en lien avec les bibliothèques.

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