Réflexions autour de l’article de Franck Queyraud

Attention, cet article, publié en 2010, peut en certains points être obsolète.

Le bibliolab vient de publier un article fort intéressant de Franck Queyraud, membre de l’ABF, du groupe Bibliothèques hybrides, sur les réseaux sociaux :

Franck Queyraud sur le Bibliolab

Cet article fait le point sur les pratiques actuelles des réseaux sociaux (notamment Facebook), et leur rapport avec les bibliothèques.

Quelques points intéressants à noter :

  • Le choix de l’entité détentrice du compte Facebook : est-il plus judicieux de créer un compte sous l’identité du bibliothécaire qui se chargera de faire vivre la page (ou profil), ou celle de la bibliothèque ? La première solution donne à l’internaute un interlocuteur identifié, pour des échanges plus directs et conviviaux. Nous n’avons affaire qu’à une personne, compétente, dans le cadre de sa vie professionnelle. Cela permettrait peut-être de changer la vision qu’ont les usagers (et non usagers) des bibliothécaires, image poussiéreuse et désuète. Cependant, cela restreint forcément le nombre de rédacteurs et d’animateurs de la page au seul propriétaire du compte.

La seconde solution est plus fréquente : travaillant pour cette institution, nos propos servent son image et son dynamisme. Les relations seront sans doute plus formelles, et pourraient même effrayer certains internautes que le mot « bibliothèque », associé à tort à austérité et hostilité, fait fuir. Le propos aussi sera peut-être plus consensuel, le bibliothécaire parlant directement au nom de sa bibliothèque. Néanmoins, la bibliothèque sera ainsi mise en valeur par cette vitrine. Et pour qui ne connaîtrait pas le bibliothécaire s’occupant du compte, une recherche par le nom de la bibliothèque s’avère assez intuitif.

  • Le problème des amis : Beaucoup s’interrogent sur cette pertinence du mot « ami ». Je trouve cette polémique quelque peu vaine car je crois (surtout contredisez-moi si je m’égare !) que l’utilisation de ce mot est tout simplement lié à l’histoire du réseau social. Créé en 2004 par des étudiants de Harvard, soucieux de créer un réseau étudiant où tous se côtoierait, les mots « ami » et « fan » reflètent parfaitement le vocabulaire estudiantin et la finalité de leur site. Après, que la réussite de Facebook ait entraîné une évolution dans ses usages pour devenir un réseau mondial où tous se connectent, où se mêlent compte privé et compte public, sans que ces mots aient été changés… Alors bien sûr, aujourd’hui « amis » signifie plutôt « liens » comme le fait si bien remarquer Franck Queyraud, ou « connaissances ». Dévoyant l’utilisation première d’un site, nous devons nous conformer à son vocabulaire, même si chercher des amis pour une bibliothèque peut paraître parfois étonnant. Ou faire une requête perdue d’avance pour enrichir le vocabulaire de Facebook dans les différents degrés de lien que les relations humaines connaissent. Ou encore refuser ce compromis et s’investir sur un autre réseau social (le problème étant qu’aucun autre n’a autant d’audience…).

 

  • Evolution des pratiques entre blog et réseau social : Franck Queyraud nous fait part ici d’une transformation de ses pratiques tout à fait intéressante. Il dit :

« Je me suis rendu compte récemment que je n’écrivais plus sur mon blog professionnel, non plus par désintérêt mais parce qu’il est plus facile sur FB de publier ses découvertes sur le web. Mon blog, restant en usage dorénavant pour des billets plus personnels de réflexions. »

L’utilisation d’un réseau social, et notamment le mur de Facebook, se spécialiserait dans les actualités, les billets express, les liens internet. Le blog serait dès lors au contraire un outil de publication réservé aux longs articles de fond, de réflexion, ceux pour lesquels on a besoin d’espace et de temps. Reste à voir si cette transformation se retrouve chez d’autres utilisateurs de blog et de réseaux sociaux.

  • Les intérêts pour une bibliothèque à être sur les réseaux sociaux : uniquement pour récapituler ses arguments, je précise les trois raisons invoquées :

– Une partie de nos usagers l’utilisent.

– C’est une annexe du site de la bibliothèque (voire parfois son seul site).

– C’est un outil de communication.

Je n’avais jamais pensé qu’un compte Facebook puisse être le seul site internet d’une bibliothèque. La question reste à creuser…

  • La nécessité d’un animateur de page et d’un modérateur : voilà un sujet qui m’intéresse particulièrement. Tout comme un blog a besoin d’articles réguliers pour vivre, un comte Facebook ne peut être une publicité figée pour inscrire le nom de la bibliothèque sur ce site fréquenté. Je cite : « Elle nécessite non seulement un animateur de page qui sera aussi un modérateur de la parole des usagers. Quels commentaires mon établissement va-t-il pouvoir accepter ? La question est centrale et à réfléchir avant présentation à nos hiérarchies. »

Là encore, outil de communication, le bibliothécaire en charge de l’animation de la page doit répondre aux messages des internautes, et les censurer parfois quand ils dépassent l’usage attendu. Des interrogations me viennent alors à l’esprit :

– Quelles compétences attend-on de cet animateur ?

– Quelles sont ses fonctions ?

– Quelles animations peut-il mettre en œuvre ?

– Qu’attend la hiérarchie d’un tel compte ?

– Une charte d’utilisation serait-elle bienvenue ?

L’étude des différentes bibliothèques présentes sur Facebook me permettra peut-être d’y répondre.

  • Créer une page thématique plutôt qu’une page institutionnelle : donnant l’exemple de la BFM de Limoges et de leur page Facebook consacrée aux artistes musicaux du Limousin, Franck Queyraud indique un usage pertinent de ce réseau social, pour un partage de connaissances. Après, est-ce le produit numérique le plus adapté à ce type de projet ? Rien n’est moins sûr. L’exemple de la musique ne peut que faire penser au deuxième plus gros réseau social, Myspace, qui a fait de ce créneau une clé de son succès. La musique passe très bien sur un réseau social, mais quant à d’autres sujets… L’Histoire des Sciences ou les actualités du droit seraient bien mieux traitées dans un blog à mon sens. Ensuite, peut-être que les BM ont en effet intérêt à choisir un thème représentatif de leur établissement qu’ils développeraient sur le réseau, donnant ainsi une identité forte à leur compte. Cependant, je trouve que les SCD auront plus de mal avec cette utilisation de Facebook. Ceci dit, de multiples façons d’utiliser Facebook coexistent, bien évidemment.

Voilà tout ce que la lecture de l’article de Franck Queyraud m’a inspiré. Comme je débute dans les bibliothèques et notamment dans ce sujet des réseaux sociaux, ceci n’a pas valeur d’analyse et doit comporter quelques naïvetés que vous voudrez bien me pardonner.

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Analyse, partage, création en lien avec les bibliothèques.

4 responses to “Réflexions autour de l’article de Franck Queyraud”

  1. memoire2silence says :

    Merci pour ces commentaires qui ajoutent des pistes à ce que j’ai tenté de synthétiser dans un article « fini ». Le sujet n’est pas clos…
    Bonne continuation
    et bonne année à vous
    Franck Queyraud

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